mardi 25 octobre 2011

éveil à l'art

Vladimir et la jeune éléphante restèrent tous les deux sans bouger.
Qu'allait il arriver maintenant ? Vladimir n'en savait rien.
Alors, il dit quelque chose d'idiot : "regarde, un millions de papillons!"
La jeune éléphante rit, et, au-dessus d'elle, les papillons virevoltèrent au rythme de son rire.
Vladimir pointa la patte vers le haut : "non, pas un, mais deux millions!"
La jeune éléphante rit de plus belle. C'est ainsi qu'ils se rapprochèrent l'un de l'autre.
Et c'est ainsi que la jeune éléphante posa sa patte sur le ventre de Vladimir.
Il en fut si chamboulé qu'il ne put s'empêcher de fuir.
"Hé ! cria la jeune éléphante. Où cours tu comme ça?"
"Au secours ! hurla Vladimir. Au secours !"
Les papillons sont dans mon ventre ! Comment sont ils arrivés là ? Je les ai avalés ! J'ai avalés les papillons !"

Evidemment, Il n'avait pas avalé les papillons.
Non, le chatouillis qui avait envahi son ventre était dû à autre chose.
Une chose que Vladimir commença bientôt à découvrir par lui-même.
Car la jeune éléphante posa de nouveau la patte sur son ventre, et Vladimir se rapprocha d'elle.
Et tout se passa exactement comme cela devait se passer.

Et les papillons dans tout ça?

Ils voletaient par millions au-dessus d'eux.
Ils volaient plus haut, toujours plus haut.
À la recherche d'autres garçons.
À la recherche d'autres filles.
À la recherche de ceux et celles pour qui le temps des papillons est bientôt arrivé.

jeudi 20 octobre 2011

éveil à l'art

C'est en pleine nuit que Vladimir les vit pour la première fois.
Ils volaient par millions autour de sa tête.
Vladimir vit des papillons dorés, rayés, constellés d'étoiles ou traversés d'éclairs, des papillons décorés de virgules, de points d'interrogation et de guillemets, des papillons qui voltigeaient, vacillaient et virevoltaient.
Il vit aussi des papillons tachetés comme des coccinelles, colorés comme des drapeaux, des papillons arborant des voiles, des toiles ou des pétales à la place des ailes, des papillons heureux, curieux, audacieux, et, il vit même le Grand Papillon blanc du Mounsménistan.

Le lendemain matin, Vladimir interrogea ses parents : "avez-vous vu les papillons cette nuit?"
Son père et sa mère laissèrent tomber ce qu'ils portaient. Ils tournèrent les yeux vers leur enfant inquiet et le regardèrent pendant un long moment. "non nous n'avons rien vu, tu es sûr qu'il s'agissait de papillons?cette nuit?déjà?"
"euh...oui" répondit Vladimir.
Les parents échangèrent un signe de tête avant d'ajouter:"tu es notre garçon adoré, tu le sais, mais le moment est arrivé."
"Le moment de quoi?" pensa Vladimir.
Son père et sa mère sortirent de la pièce en courant et réapparurent avec un sac de voyage.
"voici de quoi boire et manger. Pour le voyage. Car tu dois partir."
"qu'est ce qui vous prend?" s'exclame Vladimir. "Où voulez vous que j'aille?"
"Tu le découvriras par toi-même", répondirent ses parents.
"Mais je ne veux pas partir! Et quand est ce que je reviendrai?"
" Tu le découvriras par toi-même" répondirent ses parents.
Puis, ils poussèrent leur fils jusqu'au chemin qui menait au bois.
"Nous te souhaitons beaucoup de bonnes choses" s'écrièrent-ils en reniflant et en se frottant les yeux.

C'est ainsi que commença le voyage de Vladimir.
Il ignorait pourquoi il devait partir et où il devait aller, quand, soudain, les papillons resurgirent. Ils voletaient juste devant lui et Vladimir n'eut aucun mal à les suivre.

Un peu plus loin, Vladimir croisa une bande de petits chats sauvages. Les chatons se mordillaient le museau, se mordaient la queue et sautaient les uns sur les autres.
"Salut" dirent ils en apercevant Vladimir.
"Salut. Comment trouvez vous mes papillons? Ils sont beaux non?"
"Tes papillons? Quels papillons? demandèrent les chatons en pouffant.
Vladimir leva les yeux ... et constata que le ciel était vide!
"Tu joues à chat avec nous? Vladimir s'apprêtait à accepter, car il adorait ça, jouer à chat, mais il se surprit à dire non.
"Non, je dois poursuivre mon chemin."
"Pfffft", firent les petits chats, et ils s'enfuirent.
Dans le lointain, Vladimir pouvait les entendre qui s'exclamaient : "Qui est en route pour le pire? C'est Vladimir!"
Les chatons miaulaient de rire en s'éloignant.

Dès que les petits chats sauvages eurent disparu dans le bois, Vladimir revit les papillons.
Mais, très étrangement, quand vieil élan, arriva, les papillons s'étaient de nouveau évanouis.
"Les papillons? Mais oui bien sûr, je les ai vus! dit le vieil élan dont le regard s'illumina. C'était il y a longtemps. Ils étaient très beaux. Pourrais-tu me rappeler à quoi ils ressemblent?
Vladimir se mit à les décrire et vieil élan ferma les yeux.
"Hmm, fit-il. Ils sont vraiment magnifiques, vraiment étonnants."
Il sourit, ouvrit les paupières et regarda fixement Vladimir : "Profite bien du moment. N'oublie rien. Suit les papillons."
"Mais pour aller où?" demanda Vladimir.
"Hi hi hi; fil le vieil élan. Hi hi hi."

Bon, continuons notre récit.

Des millions de papillons voletaient de nouveau devant les yeux de Vladimir. C'était à la fois le printemps et l'été.
Le voyage se poursuivit à travers des bruyères, au milieu des collines et le long d'une rivière.

Chaque fois qu'il rencontrait quelqu'un, Vladimir lui disait : "Salut! je suis entouré de papillons. Enfin, pas pour le moment."
Certains étaient trop jeunes, ils les verraient que plus tard. D'autres, les avaient déjà vu il y a longtemps ... ou récemment.
Mais toi ... c'est maintenant que tu les vois. Alors Zou ! en route ...

"Est ce que je vais être obligé de suivre ses papillons le restant de mes jours?" se demanda Vladimir. "et pour aller où?"
C'est à ce moment qu'il aperçut un petit pont. Et sur ce petit pont, Vladimir vit une balustrade. Et sur cette balustrade, il remarqua une jeune éléphante.

Et, et, et, au-dessus de sa tête, il y avait aussi des papillons! Des papillons aux allures de comtesses, de princesses, de duchesses ou de princesses...
"Hip hip hip hourra" C'est alors qu'il comprit pourquoi il avait du partir. Pourquoi il avait du venir jusqu'ici.
Tout ça, il venait de le découvrir par lui-même. Il courut vers le pont... Et la jeune éléphante se tourna vers lui les yeux pleins de joie.

(suite la semaine prochaine ...)


jeudi 13 octobre 2011

éveil à l'art

En fait, son est Pierre, mais depuis qu'il s'est mis à collectionner les gouttes de pluie, on l'appelle Florino. Tu ne l'as encore jamais vu? Alors, je vais te raconter... Mais chut! Ne fais pas de bruit; écoute plutôt, écoute bien!
D'où il venait, le petit Pierre, et, qui étaient ses parents ... je n'en sais rien. Mais un jour, tout simplement, il était là, sur la place du marché, à courir sous la pluie. La tête renversée, il ouvrait grand la bouche pour avaler les gouttes de pluie.
Malgré ses pirouettes, les gens ne faisaient pas attention à lui. Personne n'aimait la pluie à part Pierre.
"Pourquoi les gens sont ils de mauvaise humeur quand il pleut?" se demandait Pierre.
"Parce qu'ils ne savent pas écouter, voilà pourquoi", dit quelqu'un derrière lui. Il se retourna. Près de la fontaine, une vieille dame lui souriait malicieusement et elle ajouta : "Pourtant, la pluie fait parfois de si belles mélodies. Ecoute! Tu entends les gouttes tomber dans l'eau?"
Pierre tendit l'oreille. "Elles font -plic!", chuchota-t-il.
"Écoute-les sur les feuilles!"-"plac!" dit Pierre en riant de plaisir.
Il courut vers une grande poubelle. "Ici, elles font - poing- Et la haut sur la lanterne, - pling!"
"Les gouttes de pluie font encore bien d'autres sons" dit la vieille dame et Pierre s'écria:"Je les veux tous pour en faire des mélodies. Et ces mélodies, je les jouerai à tout le monde!"
"Il faudra commencer par collectionner les gouttes."
"D'accord!"
"Eh bien, c'est parfait! Bonne chance et au revoir, Florino!"
Surpris, Pierre regarda la vieille dame. "Pourquoi Florino? Je m'appelle Pierre."
"Plus maintenant. Ceux qui collectionnent les gouttes de pluie s'appellent Florino.
Et elle s'en alla.
Sans perdre de temps, Florino partit à la recherche des sons de pluie : le long des rues et des avenues, sous les marquises et sous les stores des magasins, dans les squares et dans les jardins. Il écouta le - glouglou- dans les gouttières, le - flacflac- dans les flaques, le clop clop clop dans les tonneaux, le tictictictic sur les vitres, le dong dong sur les autos, le froufrou dans l'herbe, les plitch et les ploutch dans les buissons, le chitchitchit dans les arbres, et tant d'autres sons encore!
Et c'était curieux:il suffisait que Florino tende l'oreille pour que les gouttes sautent vers lui. Bien sûr, il ne les gardait pas toutes, mais seulement celles qui faisaient les plus beaux sons. Pourtant, sa récolte était si abondante que le soleil repoussa les nuages pour voir ce que le petit Florino allait en faire.
Eh bien, il ne le savait pas trop lui-même.
Mais voilà qu'il entendit la vieille dame : "Florino, regarde le grand platane là-bas!"
Lorsque Florino vit son tronc tacheté, ses grosses branches, ses larges feuilles - tout à coup, il sut quoi faire.
Avec la rapidité d'un écureuil, il grimpa jusqu'à la cime. Là-haut, il étala ses gouttes sur les grandes feuilles et ainsi, il put les relier en mélodies : froufrou-clop clop-tictic-chitchitchit- dong dong - plitch - ploutch !
Après avoir ainsi composé beaucoup de belles mélodies. Pierre cueillit quelques feuilles, les colla enc ornets, à l'aide d'un peu de résine, et y glissa ses kyrielles de sons. Il était ravi.
Cela faisait une si jolie musique quand les cornets tintaient doucement les uns contre les autres.
Florino attendit avec impatience l'averse suivante. Et aux premières gouttes, il courut danser dans les rues en faisant tinter ses sons. Et tiens! Voilà que les gens s'arrêtaient pour écouter. "Comme c'est joli!" disaient ils, tout étonnés.
Depuis ce jour là, quand il pleut, Florino dans le long des rues et des avenues, sous les marquises et sous les stores des magasins, dans les squares et dans les jardins.
Chaque fois, il découvre de nouveaux sons à combiner harmonieusement et, ainsi, chaque fois, il fait sonner de nouvelles mélodies.
Maintenant, les gens l'attendent avec impatience.
"L'avez vous déjà entendue, la jolie musique d'aujourd'hui?" disent ils joyeusement.
Toi aussi, tu voudrais l'entendre? Alors, sors vite sous la pluie! Mais chut! Ne fais pas de bruit, écoute plutôt, écoute bien!


jeudi 6 octobre 2011

éveil à l'art

TODDY, L'ARBRE CABANE


Toddy était un grand arbre dans une forêt, qui s’ennuyait. La conversation des autres conifères l’agaçait, toujours à répéter les mêmes sornettes, à parler du froid qui faisait descendre la sève, ou du soleil qui la faisait remonter. Comme s’il n’y avait rien d’autre à dire que de commenter le temps !
Alors, quand, parfois, des promeneurs venaient traverser les bois, Toddy se dévouait entièrement à eux. Déjà, lorsque ses feuilles radars tout en haut, lui signalaient l’arrivée de personnes, il se préparait, tout émoustillé : il se secouait les feuilles pour qu’elles soient plus vertes, s’arrangeait les branches correctement, et plaçait son tronc légèrement en avant, pour mieux les accueillir.
Un jour, tout un groupe s’avança. Fichtre ! Il n’avait jamais vu autant de monde. Trop chouette ! Toddy se mit sur son trente et un. Ceux-là, il ne voulait pas qu’ils le ratent ! C’était une colonie d’enfants qui progressaient joyeusement en chantant, encadrés par deux moniteurs.
-« Compagnie des joyeux lurons, STOP ! C’est l’heure du goûter … Nous allons faire une pause… » claironna Samar, l’un des guides.
-« Installons-nous ici, sous ce bel arbre ! » proposa Ray, un espiègle petit garçon roux aux yeux bleus.
Ils étaient juste placés sous Toddy, qui en claquait des feuilles gaiement. Les petits s’installèrent en rond, et commencèrent à dévorer leur goûter.
-« Comme ils ont faim ! Ils ont dû marcher longtemps… Comme ils sont mignons, ces petits… » s’attendrit Toddy.
Voilà, il ne restait déjà plus rien, et cela faisait à peine cinq minutes qu’ils s’étaient posés.
-« On ne va quand même pas redémarrer tout de suite… » réfléchit Aimon, l’autre moniteur.
-« Non, on est bien ici, faisons un jeu ! » proposa Samar.
-« Construisons une cabane ! » enchaîna Ray.
Aussitôt dit, aussitôt fait ! Les enfants envahirent Toddy, qu’ils avaient adopté à l’unanimité.
-« Pauvre Toddy ! Tous ces petits excités sur ses branches, ça va lui faire du mal… » commenta un chêne voisin.
-« Sans compter que c’est bientôt le temps des bourgeons, ils vont tout lui écraser ! » ajouta un mélèze.
-« Ils nous dérangent quand ils passent dans les bois en criant, mais alors, si en plus, ils se mettent à nous grimper dessus… » se plaignit un buis.
Pffft ! Décidément, ces vieux grincheux n’y comprenaient rien ! Au contraire, Toddy était tout heureux d’accueillir ces enfants. Il ne savait comment s’y prendre pour mieux les accompagner dans leur voyage au sein de son feuillage.
Il aplatit bien ses branches pour éviter les risques de chute, confectionna des plates-formes où ils pouvaient se tenir debout et dessina sur son tronc comme des petits barreaux, pour que ceux-ci puissent monter plus facilement.
Dans l’arbre, tout ce petit monde piaillait joyeusement.
-« Là, ça sera la cuisine ! » lança Jérémy.
-« Et là, tout en haut, ce sera ma chambre, avec la belle vue ! » se réjouit Timothy.
-« Et là, avec ces beaux fauteuils de branches, j’aménagerai le séjour… Tiens, je vais chercher quelques fleurs pour bien le décorer… » se ravit Mélissa.
Toddy était transformé en cabane géante ! Il s’évertuait à servir ses nouvelles fonctions, du mieux qu’il pouvait. Et ça marchait, vu l’enthousiasme des jeunes ! Même les moniteurs étaient montés dans l’arbre et s’essayaient à fabriquer des ascenseurs en bois pour desservir les étages.
Toddy les y aida un peu. Une liane coulissante de sa composition, faisait monter et descendre un plateau de bois, sur lequel pouvaient monter deux ou trois enfants. Une branche circulaire les entourait à mi hauteur pour qu’ils puissent s’y tenir.
Aimon et Samar s’émerveillaient de leurs talents de bricoleurs. Cette cabane était décidément géniale ! Ils y passèrent la journée. Quand la nuit tomba soudainement, petits et grands furent très surpris.
-« Mince, il fait nuit ! Trop tard pour rentrer… » s’inquiéta Aimon.
-« Comment allons-nous faire avec les enfants ? » demanda Samar.
-« Dormons ici, dans la cabane ! » proposa Ray.
Toddy ferma aussitôt son feuillage, pour bien les isoler du reste de la forêt. Il assouplit ses branches pour qu’elles soient bien moelleuses.
Bientôt, tous les enfants, confortablement installés, s’endormirent. Les grands suivirent. Le lendemain, chacun se réveilla, avec le doux chant des oiseaux. Petit à petit, Toddy ouvrit son feuillage, laissant filtrer les premiers rayons du soleil.
La nuit avait été excellente, inoubliable pour tous ces enfants, et leurs accompagnants. Et pour Toddy aussi ! A tel point que tous se promirent d’y revenir, et même d’y convier d’autres enfants.
L’arbre Toddy ne s’ennuya ainsi plus jamais. Il accueillit des générations d’enfants, qui grâce à lui, et au souvenir de la merveilleuse cabane, ne devinrent jamais vraiment des adultes…

Créé le 28 octobre 2007 par Valérie Bonenfant


éveil à l'art

TODDY, L'ARBRE CABANE


Toddy était un grand arbre dans une forêt, qui s’ennuyait. La conversation des autres conifères l’agaçait, toujours à répéter les mêmes sornettes, à parler du froid qui faisait descendre la sève, ou du soleil qui la faisait remonter. Comme s’il n’y avait rien d’autre à dire que de commenter le temps !
Alors, quand, parfois, des promeneurs venaient traverser les bois, Toddy se dévouait entièrement à eux. Déjà, lorsque ses feuilles radars tout en haut, lui signalaient l’arrivée de personnes, il se préparait, tout émoustillé : il se secouait les feuilles pour qu’elles soient plus vertes, s’arrangeait les branches correctement, et plaçait son tronc légèrement en avant, pour mieux les accueillir.
Un jour, tout un groupe s’avança. Fichtre ! Il n’avait jamais vu autant de monde. Trop chouette ! Toddy se mit sur son trente et un. Ceux-là, il ne voulait pas qu’ils le ratent ! C’était une colonie d’enfants qui progressaient joyeusement en chantant, encadrés par deux moniteurs.
-« Compagnie des joyeux lurons, STOP ! C’est l’heure du goûter … Nous allons faire une pause… » claironna Samar, l’un des guides.
-« Installons-nous ici, sous ce bel arbre ! » proposa Ray, un espiègle petit garçon roux aux yeux bleus.
Ils étaient juste placés sous Toddy, qui en claquait des feuilles gaiement. Les petits s’installèrent en rond, et commencèrent à dévorer leur goûter.
-« Comme ils ont faim ! Ils ont dû marcher longtemps… Comme ils sont mignons, ces petits… » s’attendrit Toddy.
Voilà, il ne restait déjà plus rien, et cela faisait à peine cinq minutes qu’ils s’étaient posés.
-« On ne va quand même pas redémarrer tout de suite… » réfléchit Aimon, l’autre moniteur.
-« Non, on est bien ici, faisons un jeu ! » proposa Samar.
-« Construisons une cabane ! » enchaîna Ray.
Aussitôt dit, aussitôt fait ! Les enfants envahirent Toddy, qu’ils avaient adopté à l’unanimité.
-« Pauvre Toddy ! Tous ces petits excités sur ses branches, ça va lui faire du mal… » commenta un chêne voisin.
-« Sans compter que c’est bientôt le temps des bourgeons, ils vont tout lui écraser ! » ajouta un mélèze.
-« Ils nous dérangent quand ils passent dans les bois en criant, mais alors, si en plus, ils se mettent à nous grimper dessus… » se plaignit un buis.
Pffft ! Décidément, ces vieux grincheux n’y comprenaient rien ! Au contraire, Toddy était tout heureux d’accueillir ces enfants. Il ne savait comment s’y prendre pour mieux les accompagner dans leur voyage au sein de son feuillage.
Il aplatit bien ses branches pour éviter les risques de chute, confectionna des plates-formes où ils pouvaient se tenir debout et dessina sur son tronc comme des petits barreaux, pour que ceux-ci puissent monter plus facilement.
Dans l’arbre, tout ce petit monde piaillait joyeusement.
-« Là, ça sera la cuisine ! » lança Jérémy.
-« Et là, tout en haut, ce sera ma chambre, avec la belle vue ! » se réjouit Timothy.
-« Et là, avec ces beaux fauteuils de branches, j’aménagerai le séjour… Tiens, je vais chercher quelques fleurs pour bien le décorer… » se ravit Mélissa.
Toddy était transformé en cabane géante ! Il s’évertuait à servir ses nouvelles fonctions, du mieux qu’il pouvait. Et ça marchait, vu l’enthousiasme des jeunes ! Même les moniteurs étaient montés dans l’arbre et s’essayaient à fabriquer des ascenseurs en bois pour desservir les étages.
Toddy les y aida un peu. Une liane coulissante de sa composition, faisait monter et descendre un plateau de bois, sur lequel pouvaient monter deux ou trois enfants. Une branche circulaire les entourait à mi hauteur pour qu’ils puissent s’y tenir.
Aimon et Samar s’émerveillaient de leurs talents de bricoleurs. Cette cabane était décidément géniale ! Ils y passèrent la journée. Quand la nuit tomba soudainement, petits et grands furent très surpris.
-« Mince, il fait nuit ! Trop tard pour rentrer… » s’inquiéta Aimon.
-« Comment allons-nous faire avec les enfants ? » demanda Samar.
-« Dormons ici, dans la cabane ! » proposa Ray.
Toddy ferma aussitôt son feuillage, pour bien les isoler du reste de la forêt. Il assouplit ses branches pour qu’elles soient bien moelleuses.
Bientôt, tous les enfants, confortablement installés, s’endormirent. Les grands suivirent. Le lendemain, chacun se réveilla, avec le doux chant des oiseaux. Petit à petit, Toddy ouvrit son feuillage, laissant filtrer les premiers rayons du soleil.
La nuit avait été excellente, inoubliable pour tous ces enfants, et leurs accompagnants. Et pour Toddy aussi ! A tel point que tous se promirent d’y revenir, et même d’y convier d’autres enfants.
L’arbre Toddy ne s’ennuya ainsi plus jamais. Il accueillit des générations d’enfants, qui grâce à lui, et au souvenir de la merveilleuse cabane, ne devinrent jamais vraiment des adultes…

Créé le 28 octobre 2007 par Valérie Bonenfant